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Pension alimentaire pour un enfant : montant, versement par la Caf, révision et impayés

Parent faisant les comptes du foyer

Chaque parent séparé contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant selon ses ressources, celles de l'autre parent et les besoins de l'enfant : la pension alimentaire pour un enfant traduit cette obligation alimentaire en un montant mensuel qui couvre ses frais courants. Fixée par accord homologué ou par le juge aux affaires familiales (JAF), elle passe par la Caf ou la MSA depuis le 1er janvier 2023, sauf refus des parents, et ne s'arrête pas d'office à la majorité.

Trois repères avant toute démarche

  • Le montant n'est pas fixé par une table obligatoire : le barème du ministère de la Justice reste indicatif.
  • L'intermédiation financière de la Caf ou de la MSA est gratuite et s'applique à toute séparation, sauf refus commun des parents.
  • Plus de deux mois sans paiement intégral exposent au délit d'abandon de famille.

À quoi sert la pension alimentaire versée pour un enfant ?

La pension alimentaire versée pour un enfant est la forme concrète de la contribution à l'entretien et à l'éducation prévue par les articles 371-2 et 373-2-2 du code civil. Après une séparation, le parent chez qui l'enfant vit à titre principal assume au quotidien la prise en charge de l'enfant ; l'autre parent y participe en lui versant une somme chaque mois. Cette obligation d'entretien est personnelle à chaque parent et ne se transmet pas à un nouveau conjoint.

Cette somme couvre les frais courants de l'enfant : nourriture, logement, vêtements, scolarité, loisirs. Les frais particuliers ou exceptionnels, comme certains frais médicaux, un voyage scolaire coûteux ou des soins d'orthodontie, peuvent être prévus à part, avec une règle de partage entre les parents. L'obligation alimentaire des parents ne dépend ni du mariage, ni de l'exercice de l'autorité parentale : un parent à qui l'autorité parentale a été retirée reste tenu de contribuer.

Le parent qui estime ne plus pouvoir payer doit agir lui-même et saisir le JAF, et seul un danger réel et immédiat pour l'enfant peut justifier de ne pas le présenter à l'autre parent. Les deux questions relèvent du JAF, qui peut fixer dans un même jugement le droit de visite et d'hébergement et la pension, chacun avec ses propres règles.

Comment le montant de la pension est-il calculé ?

Le montant de la pension alimentaire dépend de trois éléments : les ressources de chacun des deux parents, le mode de garde de l'enfant et ses besoins, qui varient selon son âge, sa santé ou un éventuel handicap. Les revenus d'un nouveau conjoint ne s'ajoutent pas à ceux du parent qui paie, mais ils comptent dans les charges de son foyer, puisque les frais de logement sont partagés. Sur le plan pratique, chaque parent prépare un dossier : avis d'imposition, bulletins de salaire, loyer, frais de garde.

Le montant peut varier en fonction de ces critères d'une famille à l'autre. Le ministère de la Justice publie un barème indicatif, et le service public propose un simulateur en ligne pour estimer le montant. Le résultat reste strictement indicatif : le JAF fixe librement la somme, en fonction de la situation réelle de la famille. Les montants du barème ne s'imposent donc pas au juge.

Le mode de garde change beaucoup le calcul. La table distingue le droit de visite classique, le droit de visite réduit et la résidence alternée, et la proportion change selon le cas. La résidence alternée n'empêche pas une pension lorsque les parents n'ont pas le même niveau de ressources. À l'inverse, un parent peut être dispensé à titre exceptionnel s'il justifie ne pas pouvoir payer, par exemple faute de ressources.

Fixer la pension à l'amiable ou devant le juge

Les parents qui s'entendent peuvent fixer eux-mêmes le montant de la pension alimentaire, à condition de lui donner une force exécutoire : c'est elle qui permet un recouvrement forcé en cas d'impayé. Plusieurs voies existent selon la situation du couple.

Situation des parentsActe qui fixe la pensionQui intervient
Divorce par consentement mutuelConvention de divorceAvocat de chaque époux, dépôt chez un notaire
Parents jamais mariés, d'accord sur le montantTitre exécutoire délivré par la Caf ou la MSAAripa, si le montant respecte le barème
Parents séparés d'accord, mariés ou nonConvention parentale homologuéeJuge aux affaires familiales
Désaccord sur le montantJugementJuge aux affaires familiales, saisi par requête

Le titre exécutoire de la Caf n'est pas ouvert aux parents mariés ou divorcés. En cas de désaccord, des parents séparés saisissent le JAF par requête, avec le formulaire prévu, sans avocat obligatoire, auprès du tribunal judiciaire ; pendant un divorce judiciaire, la demande passe par l'avocat. Le juge aux affaires familiales et sa procédure fixent alors le montant et la date de versement, et peuvent prévoir une clause d'indexation.

Le versement par la Caf : l'intermédiation financière

Depuis le 1er janvier 2023, l'intermédiation financière des pensions alimentaires est mise en place pour toute séparation. La Caf, ou la MSA pour les familles du régime agricole, collecte chaque mois la pension auprès du parent qui la doit et la reverse au parent qui la reçoit. Ce service public, géré par l'Agence de recouvrement et d'intermédiation des pensions alimentaires (Aripa), est gratuit et fonctionne tant qu'une pension est due.

Les parents peuvent la refuser d'un commun accord au cours de la procédure judiciaire, et le juge peut l'écarter par une décision motivée si la situation est incompatible avec elle. En cas de violences intrafamiliales, elle s'impose aux parents, qui ne peuvent pas l'écarter, même d'un commun accord. Le simulateur et les démarches se trouvent sur le site de l'Aripa.

L'intérêt est double : le parent qui reçoit la pension n'a plus à réclamer chaque mois, et en cas d'impayé l'Aripa engage le recouvrement, jusqu'à cinq ans d'arriérés. Le parent débiteur paie alors des frais de gestion de 7,5 % pour un recouvrement amiable et de 10 % pour un recouvrement forcé.

Revalorisation et révision du montant

La revalorisation de la pension alimentaire suit la clause d'indexation prévue par le jugement ou la convention, en général sur un indice des prix à la consommation publié par l'Insee. Le parent qui paie doit recalculer le montant et verser la somme revalorisée spontanément, sans attendre qu'on la lui demande ; à défaut, les sommes non versées peuvent être recouvrées de force. Avec l'intermédiation financière, c'est la Caf qui revalorise la pension.

La révision, elle, change le montant lui-même. Elle se demande à l'amiable ou au juge quand un élément nouveau apparaît depuis la dernière décision : besoins de l'enfant plus ou moins importants, ressources d'un parent en hausse ou en baisse, changement de mode de garde. Le parent qui demande une baisse ou la suppression de la pension doit justifier cet élément nouveau devant le JAF.

Quand s'arrête le versement de la pension ?

Le versement de la pension alimentaire ne s'arrête pas automatiquement aux 18 ans de l'enfant. Il se poursuit tant que l'enfant majeur fait des études ou n'a pas atteint l'autonomie financière. Un enfant majeur handicapé ou placé sous une mesure de protection peut continuer à la percevoir.

Un enfant majeur peut lui-même demander une pension au JAF de son domicile. Le parent qui paie et qui estime que l'enfant est devenu autonome doit, de son côté, saisir le juge pour faire supprimer la pension : il ne peut pas cesser de payer de sa propre initiative.

Pension alimentaire impayée : les recours

Une pension alimentaire impayée se recouvre par plusieurs voies, à condition de disposer d'un titre exécutoire. La première est la Caf ou la MSA, via l'intermédiation financière. La deuxième est la procédure de paiement direct : un commissaire de justice du lieu de résidence du parent créancier demande à l'employeur ou à la banque du parent débiteur de verser directement la pension. Elle peut être engagée dès le premier impayé, couvre les six derniers mois et les échéances à venir, et ses frais sont à la charge du débiteur.

Le parent isolé qui ne reçoit plus la pension depuis au moins un mois peut aussi percevoir l'allocation de soutien familial, d'un montant de 200,78 euros par mois et par enfant selon la fiche du service public vérifiée le 1er avril 2026. Versée à titre d'avance, elle ne dispense pas l'autre parent de sa dette : la Caf se charge alors de la récupérer.

Ne pas payer intégralement la pension pendant plus de deux mois constitue le délit d'abandon de famille, puni de deux ans d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République du domicile du débiteur.

Pension alimentaire de l'enfant et impôt sur le revenu

La pension versée ou perçue pour un enfant est à déclarer sur la déclaration de revenus de chaque parent : le contribuable qui paie la déclare dans ses charges, celui qui reçoit la déclare dans ses revenus. Le parent qui la verse peut la déduire de son revenu imposable si l'enfant n'est pas à sa charge principale : il déduit le montant fixé par le juge, éventuellement revalorisé, et peut aussi déduire chaque dépense payée directement, comme la cantine ou des frais médicaux, à condition d'en garder les justificatifs. Les frais liés au droit de visite ne sont pas déductibles. Sans jugement, le contribuable peut déduire les sommes versées au titre de l'obligation alimentaire s'il justifie des versements. La déduction ne réduit l'impôt que si le parent est imposable.

En résidence alternée, quand l'enfant mineur est compté à la charge des deux parents, aucune pension versée pour lui n'est déductible, car chaque parent bénéficie déjà d'une majoration de son nombre de parts. Le choix entre pension déductible et parts fiscales partagées pèse donc sur l'imposition de chaque foyer. Les justificatifs de versement se conservent, notamment les virements, en cas de contrôle fiscal.

Enfant majeur, chômage du parent payeur, accord oral : les cas fréquents

Un accord oral entre parents suffit-il ?

Un accord oral n'a aucune force exécutoire : en cas d'arrêt des paiements, il ne permet ni paiement direct ni recouvrement par la Caf sans titre. Une convention homologuée, une convention de divorce ou un titre exécutoire de la Caf protège les deux parents, et son contenu sert de référence en cas de litige.

Le parent qui paie perd son emploi : peut-il arrêter ?

La perte d'emploi ne suspend pas la pension d'elle-même. Le parent concerné demande une révision, à l'amiable ou devant le juge, en apportant ses justificatifs de ressources ; jusque-là, le montant fixé reste dû.

Qui conseiller pour fixer ou contester une pension ?

Pour fixer ou contester une pension alimentaire, la Caf ou la MSA aide à rédiger une convention entre parents non mariés. Le parent qui doit verser une pension ou qui la réclame peut consulter un avocat en droit de la famille, utile pour monter le dossier quand les revenus sont difficiles à établir, quand un parent est à l'étranger ou quand la pension s'inscrit dans un divorce ; un point-justice donne une première information gratuite et indique si l'aide juridictionnelle peut couvrir les frais.

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